Biographie > Carmen Maria Vega
On avait quitté Carmen Maria Vega sur la scène de l’Olympia à Paris. C’était un soir de novembre 2010 où elle avait été nommée pour le Prix Constantin. Sa verve, son énergie sidérante sur scène avaient séduit les professionnels de la profession que l’on dit pourtant “über blasé”. Bien avant cet événement pour happy few, Carmen Maria Vega a surtout gagné le prix du public grâce à des concerts incessants depuis 2005 et son premier album éponyme sorti en 2009. La Lyonnaise d’adoption, née au Guatemala développe une drôle de personnalité faisant le pont entre la chanson réaliste et la scène alternative française de la fin des années 80 (Les Négresses Vertes, Les Rita Mitsouko et co). Attention si on parle de Carmen au singulier, on pourrait aussi écrire “les” Carmen comme aime le dire les fans de la première heure. Car si la chanteuse de 27 ans tient avec brio le devant de la scène, elle a su bien s’entourer par un trio de musiciens, au premier rang duquel figure Max Lavegie auteur compositeur et guitariste émérite. Nerveux et touchants “La Menteuse”, “Hiérarchie” ou “Mia” accrochent immédiatement les oreilles et les cœurs de ceux qui les ont entendus. Sauf les grincheux, ça va de soit comme aurait dit le grand Georges Brassens.
Aujourd’hui Carmen Maria Vega triomphe d’un double défi. S’affranchir du cliché ô combien réducteur de “Piaf Manouche” que certains ont voulu trop vite lui coller sur le dos. Ensuite sauter allégrement l’obstacle du (on ouvre les guillemets et on sort les tirets) “toujours-difficile-second-album”. Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, Carmen Maria Vega signe un retour éclatant avec ce flamboyant Du Chaos naissent les Etoiles. Pour cela, elle a agrandi son équipe. Marlon B (Hugh Coltman, M) a co-produit le disque avec le complice de toujours Max Lavegie, Seb Martel a tenu les guitares pendant qu’Albin de la Simone s’emparait des claviers et Mathias Malzieu (Dionysos) lui a offert « Miiaou » duo ludique et mordant. Cerise sur le gâteau Mark Plati (The Cure, Gaétan Roussel, David Bowie, Charlie Winston) a mixé l’album dans son studio new-yorkais avec la science qu’on lui connaît. Si la tonalité générale du disque est rock, on peut y entendre aussi quelques réminiscences cinématographiques comme échappées d’une BO d’un film de Quentin Tarantino. C’est d’ailleurs en tournant dans le premier long métrage de Béatrice Pollet “Le Jour De La Grenouille” qui sortira en juin prochain que Carmen a eu un déclic : jouer la comédie sur l’écran lui a donné envie d’être plus elle-même sur scène et sur disque. Pour prendre immédiatement conscience de la métamorphose, il faut écouter le bien nommé “Country” aux paroles ironiques sur le métier de chanteuse. Tout au long de ce disque beaucoup plus personnel, Carmen Maria Vega présente un registre plus large que ce soit au niveau des textes que sur le plan de la musique. Ce qui lui permet de laisser encore plus éclater sa personnalité d’artiste hors norme en faisant craquer les habits de chanteuse réaliste devenus trop étriqués pour elle. Sans populisme, ni propagande, Carmen dresse un état des lieux acéré de notre société sur les groovy mais rock’n’roll “Sans Rien” ou “On s’en fout”. Mais les fans de la première heure peuvent se rassurer, leur chanteuse favorite n’a pas changé du tout au tout. “Papa”, “Nan Nan” ou “ Le Soldat” font le lien avec son premier disque et elle continue d’interpréter à merveille ces histoires d’amours compliquées de “nana avec des c……”. Quant au swing effervescent de l’hilarant “Le Mariage de Christine”, il vous poussera à coup sûr sur la piste de danse. Une étoile est (re)nait.




























