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Biographie > Tiken Jah Fakoly
Tiken Jah Fakoly a toujours pris des risques. Dès « Mangercratie », en
1996, il imposait la langue des trottoirs d'Abidjan, dans toute sa
joyeuse arrogance, la plus roots qui ait jamais caressé nos oreilles.
La plus politique aussi: balançant leurs quatre vérités à la figure des
despotes, déstabilisant l'histoire officielle, Tiken rendait coup pour
coup à la désinformation et s'imposait comme le porte-parole de
millions de jeunes africains. Pas de doute, il s'inscrivait dans la
lignée des Peter Tosh et des Bob Marley, la branche la plus noble du
reggae : comme eux, il était devenu « la voix des sans-voix ».
Après quinze années de carrière, une Victoire de la Musique et
plusieurs disques d'or, Tiken Jah Fakoly semblait n'avoir plus rien à
prouver. Son dixième album aurait pu n'être qu'un satisfecit
complaisant...Alors comme toujours, Tiken a pris des risques.
Inattendu, excitant, impeccablement produit, « African Revolution » est exactement ce qu'il clame: africain et révolutionnaire.
Révolutionaire dans la méthode de travail, d’abord. Tiken a fait ses maquettes non plus sur un « riddim » figé, à la manière des Jamaïcains, mais sur la guitare subtile de Thomas Naïm (connu notamment pour son travail avec Hindi Zahra). Passage obligé à Tuff Gong, le studio de Bob Marley à Kingston, pour poser les rythmiques avec trois pointures: Glen Browne (basse), Marc Dawson (batterie) et Mickey Chung (guitare). Puis il y a eu Bamako. C'est là, dans son studio, que Tiken a concocté cette musique à la frontière du reggae et du « blues mandingue ».
Les sonorités magiques des ngoni, kora, soukou (violon à une corde) et balafon nous étaient familières, mais Tiken a su capturer leur âme. Cinq ans d'exil à Bamako lui ont permis de pénétrer la talentueuse génération des fils de griots qui est en train, là-bas, d'exploser tel que le joueur de ngoni Andra Kouyaté. Ces jeunes loups de la « nouvelle tradition » apportent à la musique de Tiken un lyrisme inédit, un peu amer (Sinimory), et un subtil décentrement de la rythmique jamaïcaine (Marley Foly).
Les producteurs, Jonathan Quarmby et Kevin Bacon (qui ont découvert Finley Quaye et réalisé son premier album, ont su transcender cette rencontre par l’alchimie d’arrangements et d’un mix magique, très éloigné du son jamaïcain. Les instruments africains sont magnifiés, les notes vibrent d'émotions plusieurs fois centenaires. Moins de choeurs féminins, plus aucun cuivre; c'est la guitare acoustique de Thomas Naïm qui mène le jeu, impatiente et espiègle. Les accords s’enrichissent, les chansons basées sur des guitares/voix sont libérées de la « tyrannie » du one drop jamaïcain, les rythmiques se diversifient, du balancement presque caribéen de Votez à l'âpre élégance des arpèges mandingues.
Tiken a écrit la plupart des chansons, assisté parfois de son vieux complice de Zebda, Magyd Cherfi (Il faut se Lever, l'Afrique attend). Je ne veux pas ton pouvoir est un texte de Jeanne Cherhal et Laisse-moi m’exprimer de Mr Toma, espoir de la scène parisienne.
Je dis non, est signé texte et musique de Féfé (Saïan Supa Crew).
Un seul featuring : celui d’Asa, Sur Political War, tout illuminé de la grâce naturelle, de la perfection candide de la chanteuse Nigériane.
Africain dans le son, l'album l'est aussi – bien sûr – dans l'intention.
Désormais, c'est au continent noir tout entier que le chanteur s'adresse. « Go to school brothers… intelligent révolution is African éducation » (African Revolution).C'est un appel à une prise de conscience de la jeunesse africaine qui court à travers les chansons: « L'Afrique attend que ses enfants se réveillent. Mais ça dort, ça dort, ça ne bouge pas... » (L'Afrique attend) « Personne ne viendra changer l'Afrique à notre place, il faut se lever, lever, lever, pour changer tout ça ». (Il faut se lever)...
Mais la façon dont Tiken aborde le sujet de l'Afrique est devenue plus personnelle.
Ce n'est pas la star qui s'exprime, c'est un homme qui doute: « Ceci n'est qu'une chanson, ça ne changera pas nos vies... » (Je dis non). C'est un homme amer qui voit ses frères se transformer en mendiants: « Je suis revenu après 5 ans d'exil, des millions de jeunes sans boulot, tous la main tendue... » (Vieux père). C’est l’homme qui a tourné le dos au mirage des « montagnes d'argent » et de la politique, et consacre ses cachets aux écoles et aux champs: «Je ne veux pas ton pouvoir, pas besoin de l'avoir, je ne veux pas de ta gloire, je veux l'espoir » ( Je ne veux pas ton pouvoir).
C’est un Tiken plus intime, plus sensible que nous découvrons.
African Revolution s’impose comme un jalon, non seulement pour l’artiste, mais pour toute la scène reggae. Une bouffée d’air frais, exemple qui va donner du grain à moudre à toute la nouvelle génération…
Mais avant tout cet album transcende les genres et projette un son nouveau, ancré dans la tradition et résolument moderne, comme cette Afrique qui ne cesse de nous charmer et de nous étonner.
Inattendu, excitant, impeccablement produit, « African Revolution » est exactement ce qu'il clame: africain et révolutionnaire.
Révolutionaire dans la méthode de travail, d’abord. Tiken a fait ses maquettes non plus sur un « riddim » figé, à la manière des Jamaïcains, mais sur la guitare subtile de Thomas Naïm (connu notamment pour son travail avec Hindi Zahra). Passage obligé à Tuff Gong, le studio de Bob Marley à Kingston, pour poser les rythmiques avec trois pointures: Glen Browne (basse), Marc Dawson (batterie) et Mickey Chung (guitare). Puis il y a eu Bamako. C'est là, dans son studio, que Tiken a concocté cette musique à la frontière du reggae et du « blues mandingue ».
Les sonorités magiques des ngoni, kora, soukou (violon à une corde) et balafon nous étaient familières, mais Tiken a su capturer leur âme. Cinq ans d'exil à Bamako lui ont permis de pénétrer la talentueuse génération des fils de griots qui est en train, là-bas, d'exploser tel que le joueur de ngoni Andra Kouyaté. Ces jeunes loups de la « nouvelle tradition » apportent à la musique de Tiken un lyrisme inédit, un peu amer (Sinimory), et un subtil décentrement de la rythmique jamaïcaine (Marley Foly).
Les producteurs, Jonathan Quarmby et Kevin Bacon (qui ont découvert Finley Quaye et réalisé son premier album, ont su transcender cette rencontre par l’alchimie d’arrangements et d’un mix magique, très éloigné du son jamaïcain. Les instruments africains sont magnifiés, les notes vibrent d'émotions plusieurs fois centenaires. Moins de choeurs féminins, plus aucun cuivre; c'est la guitare acoustique de Thomas Naïm qui mène le jeu, impatiente et espiègle. Les accords s’enrichissent, les chansons basées sur des guitares/voix sont libérées de la « tyrannie » du one drop jamaïcain, les rythmiques se diversifient, du balancement presque caribéen de Votez à l'âpre élégance des arpèges mandingues.
Tiken a écrit la plupart des chansons, assisté parfois de son vieux complice de Zebda, Magyd Cherfi (Il faut se Lever, l'Afrique attend). Je ne veux pas ton pouvoir est un texte de Jeanne Cherhal et Laisse-moi m’exprimer de Mr Toma, espoir de la scène parisienne.
Je dis non, est signé texte et musique de Féfé (Saïan Supa Crew).
Un seul featuring : celui d’Asa, Sur Political War, tout illuminé de la grâce naturelle, de la perfection candide de la chanteuse Nigériane.
Africain dans le son, l'album l'est aussi – bien sûr – dans l'intention.
Désormais, c'est au continent noir tout entier que le chanteur s'adresse. « Go to school brothers… intelligent révolution is African éducation » (African Revolution).C'est un appel à une prise de conscience de la jeunesse africaine qui court à travers les chansons: « L'Afrique attend que ses enfants se réveillent. Mais ça dort, ça dort, ça ne bouge pas... » (L'Afrique attend) « Personne ne viendra changer l'Afrique à notre place, il faut se lever, lever, lever, pour changer tout ça ». (Il faut se lever)...
Mais la façon dont Tiken aborde le sujet de l'Afrique est devenue plus personnelle.
Ce n'est pas la star qui s'exprime, c'est un homme qui doute: « Ceci n'est qu'une chanson, ça ne changera pas nos vies... » (Je dis non). C'est un homme amer qui voit ses frères se transformer en mendiants: « Je suis revenu après 5 ans d'exil, des millions de jeunes sans boulot, tous la main tendue... » (Vieux père). C’est l’homme qui a tourné le dos au mirage des « montagnes d'argent » et de la politique, et consacre ses cachets aux écoles et aux champs: «Je ne veux pas ton pouvoir, pas besoin de l'avoir, je ne veux pas de ta gloire, je veux l'espoir » ( Je ne veux pas ton pouvoir).
C’est un Tiken plus intime, plus sensible que nous découvrons.
African Revolution s’impose comme un jalon, non seulement pour l’artiste, mais pour toute la scène reggae. Une bouffée d’air frais, exemple qui va donner du grain à moudre à toute la nouvelle génération…
Mais avant tout cet album transcende les genres et projette un son nouveau, ancré dans la tradition et résolument moderne, comme cette Afrique qui ne cesse de nous charmer et de nous étonner.
2 commentaires pour la biographie de “Tiken Jah Fakoly”
| tiken(mindor salane) le 21 Juillet 2011 à 14:20 | ||
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http://www.coverglow.com/news/c'est le grand chanteur k l'humanité néest jamais connu.C'est la voix de l'afrik.je dirai meme notre messi nous africain
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| yappo diakite le 16 Aout 2012 à 23:20 | ||
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tiken jah est mon idolé
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