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Free Mobile: Xavier Niel répond à Montebourg et à ses détracteurs
Le fondateur du groupe Iliad contre-attaque face à tous ceux qui dénoncent les effets négatifs sur l'emploi de l'arrivée de Free dans le mobile.

Six mois après le lancement de Free Mobile et la conquête de quelque 2,6 millions d'abonnés, dont plus des deux tiers au détriment des opérateurs existants, Xavier Niel a choisi Les Echos pour répondre à tous ceux qui se sont "alarmés des effets négatifs supposés" de cette entrée spectaculaire sur le marché. Il dénonce les arguments "simples voire simplistes" qui ont été utilisés, consistant à dire qu'en tirant les prix vers le bas, il oblige les concurrents à réduire leurs coûts et donc l'emploi et les investissements.
Ces critiques ont émergé très vite en raison des problèmes de réseau enregistrés par le nouvel entrant, qui ont fait craindre un sous-investissement de sa part. Le groupe y a répondu très rapidement en affirmant qu'il allait augmenter ses efforts et en précisant qu'il n'avait pas intérêt à jouer longtemps les coucous sur le réseau de France Télécom, en raison du montant très élevé des coûts d'itinérance (un milliard sur trois ans).
Lire : Free Mobile a-t-il assez investi dans son réseau ?
Iliad n'avait en revanche pas officiellement réagi aux accusations concernant les conséquences sociales de l'arrivée de Free Mobile. Le syndicat CFE-CGC de France Télécom avait été le premier, quelques jours après le lancement, à dénoncer "la perte d'au moins 10.000 emplois" dans le secteur en pointant le fait que "le consommateur y gagne aujourd'hui" mais que les salariés y perdent. Par la suite, l'Arcep, le gendarme des télécoms, avait plus ou moins confirmé ce chiffre, tout en affirmant que les opérateurs avaient les moyens d'y faire face, par le biais de non remplacement des départs à la retraites. Cela n'a pas empêché certains opérateurs, comme Bouygues Télécom, d'annoncer des plans d'économies.
Un message envoyé à Arnaud Montebourg
Reste à savoir pourquoi Xavier Niel réagit seulement aujourd'hui. Dans son "point de vue" aux Echos, il s'en prend en particulier à "certains des détracteurs, universitaires parfois", qui "n'hésitent pas abreuver les rédactions du produit de leurs réflexions, caricaturant à outrance les effets négatifs supposés". Le choix du quotidien économique pour s'exprimer peut ainsi formellement s'expliquer comme un droit de réponse à Bruno Deffains, professeur à la Sorbonne et directeur du centre de recherches en économie du droit, qui a détaillé dans la même rubrique, début juin, les résultat de l'étude qu'il a menée sur l'impact de l'arrivée de Free Mobile.
"L'universitaire" chiffre ainsi à 51.500 la perte d'emplois nette qui en résulterait et à 2,5 milliard d'euros les charges supplémentaires et les pertes de recettes des organismes sociaux. Une facture qu'il met sur le dos de "l'idéologie de la concurrence". "Qui a mesuré ces divers effets au moment de l'introduction forcée d'un nouvel acteur dans le secteur?", s'interroge-t-il ainsi. Sous-entendu, personne, ni au gouvernement de l'époque (en 2009), ni à l'Arcep.
Le problème, pour Free, c'est que cette argumentation est aujourd'hui reprise intégralement par Arnaud Montebourg, dans une interview à Challenges. Interrogé sur les pertes d'emplois liées à Free, le ministre du redressement productif estime qu "l'hémorragie d'emplois a déjà commencé. Notamment dans les réseaux de boutiques de téléphonie". Et de tirer à boulet rouge sur l'Arcep, qui "s'intéresse exclusivement à la concurrence sans limite" avant de préciser: "Pour le gouvernement, la concurrence doit trouver sa limite dans la préservation de l'emploi." Des déclarations d'autant plus marquantes qu'Arnaud Montebourg opère un virage à 180 degrés par rapport à un twitt du mois de janvier dans lequel il déclarait: "Xavier Niel vient de faire avec son forfait illimité plus pour le pouvoir d'achat des Français que Nicolas Sarkozy en cinq ans". De quoi pousser le patron d'Iliad à répondre point à point à ses accusateurs...
Contre-attaque sur l'emploi et les dividendes
Xavier Niel affirme ainsi que la chute des emplois dans le secteur est antérieure à Free Mobile : ils sont passés selon lui de 156.000 en 1998 à 124.000 en 2009, avant d'augmenter légèrement depuis. Et ce malgré l'attribution d'une quatrième licence. Il met en balance les 1500 emplois créés dans sa branche mobile. De même, il note que la délocalisation des centres d'appels a commencé depuis plusieurs années mais que, contrairement à cette tendance, Free est passé depuis 2008 de un à cinq centres installés en France, avec des effectifs quintuplés. Enfin, il attribue la baisse des effectifs dans les boutiques de téléphonie - que souligne le ministre - à "la concurrence des réseaux de distribution physiques des opérateurs".
La suite sur L'express.fr
Source : L'express http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/free-mobile-accuse-sur-l-emploi-xavier-niel-contre-attaque_306601.html
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